La famille Lizotte-Péloquin, des voyageurs pas ordinaires!

Bonjour,

Nous sommes la famille Lizotte-Péloquin. Les habitués de notre blogue le savent, nous sommes des voyageurs pas ordinaires!  D’ailleurs, une journaliste a préparé un reportage relatant notre dernier voyage pour la plus récente parution du magazine Camping-Caravaning a justement.  L’été dernier, profitant du congé parental grâce à la venue de notre petite dernière, nous avons effectué une virée de 4 mois autour des États-Unis en VR.   Vous pouvez lire sur ce blogue toutes nos aventures en prenant soin de débuter par le premier billet (voir les archives par date dans la colone de droite).

Si le temps presse et que vous n’avez pas le temps de faire un tour complet, nous vous suggérons nos billets préférés, vous n’avez qu’à suivre les liens suivants:

Notez que notre VR est maintenant à vendre (nous avons d’autres idées d’aventures)… en plus de toutes les photos que vous verrez sur le blogue, pour plus de détails,  suivez ce lien.

Bonne lecture… en fait, bon voyage!!!

La famille Lizotte-Péloquin

 

On parle de nous (et de notre voyage en VR) dans les médias

Notre aventure inspire…

On parle de la famille Lizotte-Péloquin dans l’édition printemps du magazine Camping Caravaning. Un article de quelques pages incluant photos relate notre aventure en VR. Le magazine est sorti en kiosque en mars.

On parle aussi de nous à la radio de Radio-Canada dans une chronique portant sur les congés parentaux et les voyages. On peut écouter la chronique en cliquant ici.

Rappel: le Farfadet est à vendre. Un véhicule en excellente condition (nous y avons transporté notre marmaille pendant 20 000 km sans pépin). Il a hâte de reprendre la route… Idéal pour des amis qui veulent entreprendre l’Ouest canadien pour un été, pour des retraités à la recherche de liberté à peu de frais ou à une famille souhaitant passer du bon temps de qualité ensemble… sur la route ou au camping.  Propriétaires d’un petit chalet pour nos escapades de week-end, nous avions acquis le motorisé spécifiquement pour la durée du voyage. À qui la chance? Voir les détails ici.

De retour au bercail après 4 mois en cavale!

Autant nous étions assidus pour la rédaction de billets durant notre voyage, autant, depuis que nous sommes rentrés, nous tardons à  rédiger ce dernier récit. Outre le fait de reprendre la routine de la vie à la maison et les retrouvailles avec les amis, j’ai l’impression que la vraie raison de ce délai est de ne pas vouloir clore cette belle grande aventure familiale que nous venons de vivre.

Après l’état du Utah que nous avons ADORÉ, nous avons pointé le nez du Farfadet vers le nord-est en direction de la maison. Les grands voyageurs s’entendent tous pour dire que lorsqu’on approche de la date du retour, après un long voyage, un déclenchement psychologique se fait et on a juste le goût de rentrer rapidement à la maison. Ce fut notre cas et nous avons avalé des centaines de kilomètres quotidiennement pour atteindre notre patelin le plus vite possible, question de se reposer à destination et de reprendre notre souffle avant le retour au travail pour Claude.

Donc, traversée du Colorado (la 76) et des montagnes, le plat Nebraska, l’Iowa (nous avons passé 2 jours dans un parc national fort bien tenu avec une panoplie d’activités dont des glissades d’eau et un parc de jeux intérieur incroyable), le Minnesota (visite d’amis et du Mall of America à Minneapolis – le plus grand centre d’achat/avec parc d’attraction intérieur lorsqu’il a été construit dans les années 1990), le Wisconsin (?!!!), l’Ontario (????!!!!!) entrées par Sault Ste-Marie, et le Québec où nous avons été accueillis par le plus important tremblement de terre que la province ait connu dans les dernières années. Nous sommes passés, sans le savoir, au cœur de l’épicentre, à Gracefield, à peu près à l’heure de l’événement le 23 juin…. Imaginez-vous que nous avions attribué, à tord on le sait maintenant, la conduite cahoteuse aux routes du Québec quand finalement, c’était ce fameux tremblement de terre de magnitude 5,0 sur l’échelle de Richter qui nous a ébranlé!

La maman de Claude qui habite l’Annonciation fut la première à apprendre notre retour lorsque nous lui avons fait la surprise de cogner à sa porte vers 22 h. Nous avons passé la nuit dans la cours de sa maison pour poursuivre notre ronde de surprise dans la journée du 24 juin et arriver à la maison en fin de journée. Ouf! C’est le moins que l’on puisse dire! La maison et le terrain entretenus par les extraordinaires membres de notre famille étaient radieux et, malgré que nous ayons adoré notre voyage et les moments passés sur la route, le bonheur de retrouver notre chez-nous fut instantané!

On s’est fait demander à plusieurs reprises : comment c’était de vivre dans un si petit espace? C’est drôle puisque je n’ai jamais eu l’impression que l’on passait nos journées dans un endroit restreint. En fait, j’avais plutôt l’impression de vivre dans un espace illimité… les grandes fenêtres du Farfadet, le décor qui changeait constamment, les grands espaces des États-unis et les variations de température ont fait que nous avons plutôt eu l’impression de vivre dans un TRÈS GRAND monde! Aussi, le fait de vivre dans un petit espace fait en sorte que le tri des objets essentiels est bien fait dès le début du périple. Et à l’exception du nombre de ‘toutous essentiels’ sélectionnés par Mlle Marianne, nous avons emmené – et très bien survécu!!!- avec le minimum. Dans le fond, on a besoin de très peu d’éléments matériels pour être heureux!

L’autre question qui revient souvent : Qu’est ce que vous avez aimé le plus? Difficile d’y répondre, nous avons apprécié des moments, des rencontres, des couchers de soleil, bref, des expériences!

…… Nous avons été surpris et impressionnés par des lieux dont on ne pouvait s’imaginer l’existence : dans ce registre, Yellowstone est certainement notre coup de cœur principal, suivi de près par Bryce Canyon National Park

… La ville de Portland en Oregon nous a impressionné (mais encore, une rencontre fortuite avec la stage manager du Cirque du Soleil et une présence en premières loges pour un des meilleurs spectacles de la troupe joue aussi sur notre perception),

…. Les 3 jours passés dans le stationnement de l’hôtel Excalibur à Las Vegas, à visiter cette ville qui ne dort jamais en famille, vivre la vie des gens riches et célèbres en accédant aux piscines des plus grands hôtels… Et, évidemment, notre re-mariage à la va-vite à la chapelle de l’amour, la journée exacte de notre 7e anniversaire de mariage (hasard!). Le Farfadet étant trop imposant pour passer dans le tunnel de l’amour (!), c’est plutôt le prêtre qui est monté à bord pour renouer nos vœux d’amour, en présence de nos 2 princesses d’amour!

… notre passage dans la Vallée de la Mort (Dead Valley National Park),

… visiter New Orleans qui semblait finalement se remettre de Katrina et se délecter d’exquis fruits de mer quelques jours avant le déversement de pétrole!

… La ville de San Antonio au Texas que tous surnomment la petite Venise de l’Amérique. Arrêt tout désigné pour enlever tous les préjugés que vous pourriez avoir de cet état!

… Vivre Disney en Farfadet, point culminant de nos premiers milliers de kilomètres de route avec notre véhicule.

Les parcs nationaux du Utah… À quelques centaines de kilomètres de Las Vegas, les quatre parcs que nous avons visité (sur six) : Zion, Bryce, Arches et Canyonland National Park sont réellement EXTRAORDINAIRES et valent le détour.

… Nous donnons aussi la mention du mérite à deux petites villes qui se donnent les moyens, touristiquement parlant, de profiter de la présence de voyageurs en offrant des activités bien sympathiques et surtout, hors du commun. La ville de Cody au Wyoming, pays du Wild West et des cowboys fut certainement notre coup de coeur ‘petite ville’ suivie de près par Phillipsburg au Montana.

Chanceux d’avoir fait ce périple? Je dirais, comme pour la plupart des événements dans une vie, que nous avons certainement créé notre propre chance en rêvant d’un grand voyage et en espérant l’arrivée d’un nouveau bébé (espérance qui a duré presque 5 ans!), en planifiant notre voyage dès la mi-grossesse et partant à l’aventure vers l’inconnu une fois Bébé Évelyne arrivée dans notre vie. La chance fut plutôt d’avoir trouvé le bon véhicule qui nous a épargné tout ennui mécanique, chanceux d’avoir choisi les bonnes routes/destinations et chanceux d’avoir une petite famille en santé pour vivre cette expérience hors du commun.

En ce qui concerne Bébé Évelyne, et bien, celle qui nous a permis de vivre toute cette expérience (grâce au congé parental suite à sa naissance) elle est embarquée, bien involontairement avouons-le, dans cette aventure à l’âge de 2 mois et elle a célébré son 6e moisiversaire quelques jours avant d’arriver à la maison. C’est le meilleur moment pour voyager avec un bébé, après, ils commencent à vouloir bouger plus… Aujourd’hui âgée de 7 mois et demi, elle semble parfois trouver le temps long à la maison et elle redevient heureuse dès que l’on en ressort pour faire des emplettes, visiter des amis ou simplement faire des kilomètres sur la route! Nous prenons à notre charge l’entière responsabilité de son désir de constamment bouger.

Quant à Mlle Marianne, elle conservera de son voyage des souvenirs impérissables alimentés par des centaines de photos et vidéos. Marianne a aussi eu la discipline de produire un cahier de voyages extraordinaire rempli de dessins décrivant nos péripéties. C’est une œuvre d’art en soi et un souvenir qui nous est très cher.  Elle aura aussi passé beaucoup de temps avec ses parents et sa nouvelle petite sœur et regardé des heures et des heures de films pour enfants, la plupart du temps en anglais (c’est la règle lorsque nous sommes sur la route!). Inconsciemment, elle a appris l’anglais et peut désormais participer à une conversation. Nous l’encourageons (et l’obligeons!) encore souvent à regarder les émissions pour enfant à la télé en anglais pour entretenir ses acquis…

Le Farfadet est à vendre!

Et finalement, comme certains d’entre vous le savent, notre Farfadet chéri est maintenant à vendre (avis aux intéressés: voir l’annonce Kijiji en cliquant sur ce lien!) tel que prévu initialement. Voyager en VR et transporter sa maison avec soit est réellement extraordinaire. Nous avons tous apprécié la stabilité et la chaleur réconfortante de notre ‘chez-nous’ offerts par ce type de véhicule tout en ayant le bonheur de bouger constamment. Nous avons la certitude de vouloir revivre l’expérience d’être nomade-sédentaire dans les prochaines années.

Ceux qui nous connaissent savent que la famille Lizotte-Péloquin commence déjà à rêver à sa prochaine folie!  Reste à savoir où, quand et comment!

Au plaisir!

Martine, Claude, Mlle Marianne et Bébé Évelyne

Utah: Life Elevated !

Avec un slogan comme “Utah, Life Elevated” inscrit sur un fond d’image d’un skieur en pleine action, l’État avait déjà quelques uns des éléments nécessaires pour me conquérir. Notre séjour dans cet état s’annonçait déjà prometteur! C’est certain qu’on avait certaines  appréhensions quant au Utah, entre autres avec tout ce que l’on avait appris lors des Jeux Olympiques (quels outils de promotion ou de propagande ces événements internationaux!). Par exemple, on s’était assurés d’avoir assez de provisions de bouteilles de vin avant d’entrer sur le territoire puisque la vente d’alcool y est relativement restrictive. Aussi, on savait qu’on pénétrait dans le pays des Mormons ou, en fait, ce que l’on appris plus tard, des adeptes de l’Église de Jésus-Christ, des Saints, des derniers jours (Church of Jesus Christ of Latter-Day Saints en anglais). On a réalisé qu’un de ses temples est construit à Longueuil près du fleuve, on passe devant fréquemment sans s’en rendre compte!

Notre route nous mène vers Salt Lake City et notre camping, le Pony Express, situé à quelques kilomètres au nord de la ville. Un peu fatigués de nos dernières semaines, nous en avons profité pour nous reposer un peu. Ouvert depuis quelques mois seulement, le camping est impeccable. Chaque site doté d’une entrée asphaltée offre tous les services nécessaires pour du vrai camping de luxe. D’autant plus qu’on y retrouve une piscine chauffée à 95 degrés, un immense terrain de jeux pour enfants ainsi que des douches 5 étoiles avec au moins cinq crochets pour nos effets personnels, un record! (Voir l’anecdote sur les douches).

Notre seule visite dans la ville fut destinée à faire le tour du temple des Mormons.  Dès notre arrivée sur le site, nous avons été accueillis par Sœur Charland, une jeune fille d’une vingtaine d’années, de Gatineau au Québec et sa complice, une Suissesse. On savait qu’il était possible d’effectuer une visite guidée des lieux avec des sœurs mais nous sommes surpris de notre chance de tomber sur la seule québécoise sur les 140 missionnaires venant de quelques 40 pays dans le monde!  Une excellente opportunité de poser toutes les questions désirées à propos de cette religion que nous connaissons peu et surtout, ce qui peut inciter une jolie jeune femme comme notre guide à devenir sœur! La  réponse à cette dernière question est simple, semblerait que le titre de ‘sœur’ ne soit que temporaire chez les Mormons et pour Sœur Charland et toutes celles qui sont en mission au temple de Salt Lake City, le ‘stage’ est d’une durée de 18 mois. Ensuite elles retournent chez elles et poursuivent leurs études et, éventuellement, fondent une (souvent grande) famille. Elles continuent ensuite leur cheminement religieux en s’impliquant dans leur communauté.  Toutes les missionnaires-guides sont de jolies demoiselles très souriantes et nous accueillent toujours en duo. Le temple de Salt Lake City, quartier général de la religion, est l’un des lieux de ‘pèlerinage’ possible pour les jeunes filles mais elles peuvent aussi être envoyées en mission un peu partout à travers le monde ce qui donne d’ores et déjà, un côté intéressant. Elles ont ainsi l’occasion de visiter et de vivre dans un autre pays au lieu d’être confinées à leur village. Somme toute, il s’agit d’un système fort bien organisé, les lieux sont superbes et paisibles, la doctrine semble similaire à celle de la religion catholique, les jeunes filles-guide sont très sympathiques, souriantes, accueillantes et éloquentes (nous les avons même qualifiées de jeunes-guides-missionnaires-enjoleuses).  Le concept est convaincant et nous en conserverons un bon souvenir.

Zion National Park

Nous quittons ensuite notre douillet et luxueux camping en direction du Zion National Park qui se situe à environ 7 heures de route au Sud. Après avoir passé 5 jours dans le parc national de Yellowstone au Wyoming (voir le billet sur le sujet) et avoir été complètement renversés par les phénomènes naturels qui s’y trouvent, nos attentes étaient peu élevées pour les quatre parcs nationaux qui nous attendaient au Utah. Et de fait, qui a déjà entendu parler de Zion National Park, de Bryce Canyon National Park, Arches National Park (peut-être le plus connu?) ou de Canyonlands National Park. En tout cas, moi je ne les connaissais pas avant de les voir sur notre itinéraire. J’avais bien hâte de découvrir ce qui s’y cachait et pourquoi ces territoires ont été choisis par le gouvernement américain afin d’être protégés. Surtout aussi, je me demandais bien ce qui pouvait nous faire faire un important détour dans notre itinéraire de retour. Imaginez, les deux premiers parcs sont situés à quelques centaines de kilomètres au nord de Las Vegas, où nous étions du 23 au 26 avril dernier mais à ces dates, c’était trop tôt au printemps, la visite de ces parcs aurait été menacée par la possibilité de précipitations de neige. À ce moment, nous avions plutôt opté pour le passage à travers Death Valley National Park. Donc, plus d’un mois plus tard, après avoir visité la Californie, l’Oregon, le Montana et j’en passe, nous sommes de retour tout près de Las Vegas en direction du Zion National Park…

On ne se doutait pas de la beauté du parc et de l’extravagance de la nature qu’on y retrouve. Zion National Park est un canyon peu large (maximum 2 kilomètres de large) que l’on peut visiter à partir d’en bas, en suivant la rivière. On se sent vraiment minuscules devant l’immensité des rochers de part et d’autres de la route. Les rochers sont fait de ‘sandstone’ qui est, en fait, du sable compressé. À quelques endroits, des sources d’eau jaillissent de la roche, cette eau, d’une pureté exceptionnelle, mettrait plus de 1000 ans à se faire un chemin entre les grains fins des rochers avant de sortir, littéralement et à l’horizontal, de la roche. Ailleurs sur la route, les rochers semblent avoir été coupés à l’aide d’un couteau tellement ils sont abruptes et lisses, des pans de murs de plusieurs centaines de mètres. Parait que c’est le paradis des alpinistes. C’est tout à fait magique et, intimidant à la fois.

À la période à laquelle nous avons visité, il est interdit de faire la route qui dessert le parc (une seule route qui fait l’aller-retour) avec sa voiture personnelle. Il faut emprunter l’un des autobus gratuits qui circule fréquemment entre les points d’intérêt. Ces autobus propulsés au propane sont très confortables et pratiques, laissant toute la liberté aux passagers d’apprécier le paysage, en plus de présenter l’historique et les différents attraits du parc avec une présentation audio tout au long du parcours d’environ 25 km (aller-retour). Fait intéressant, on peut accrocher son vélo devant l’autobus à n’importe quel moment pour raccourcir son trajet sur deux roues. Pour ma part, j’ai pu m’évader du reste de la famille vers 20 h un soir et ai sauté dans le premier autobus avec mon vélo. Arrivée au bout de la route (qui est aussi en haut!), j’ai repris mon bicycle pour redescendre jusqu’en bas avant que la noirceur arrive.  La route était complètement déserte, outre les chevreuils qui broutaient leur souper.

Plusieurs randonnées sont accessibles à partir de la route et le journal offert à l’entrée du parc les présentent une à une en les qualifiant selon le degré de difficulté du parcours. Nous en avons fait deux : celle pour rejoindre les ‘lower’, ‘middle’ et ‘upper’ ‘pools’, et une autre, très courte, pour voir la ‘weeping rock’. Claude, pour sa part, a aussi fait une partie de la ‘River Walk’, celle qui se trouve au bout du canyon où la route se termine et seuls les piétons peuvent poursuivre.

Claude et moi avons aussi profité de la Virgin River, la rivière qui arrive du canyon, en descendant bien assis dans une chambre à air; du rafting individuel! La descente à cette période de l’année, vu le débit d’eau, dure environ 1 heure pour faire les 3 kilomètres avant le point d’arrivé où les organisateurs viennent nous recueillir en mini-van. En plein été, la descente dure 2 heures. Du pur bonheur!

Bryce Canyon National Park

À partir de Zion National Park, on peut passer à travers un tunnel dans les montagnes pour s’éviter une bonne centaine de kilomètres afin de se rendre du côté de Bryce Canyon National Park. Au total, nous avons mis environ 2 heures pour faire la route.  Ce qui est impressionant avec ce parc est que l’on peut voir une bonne partie du canyon à partir du stationnement. Encore une fois, nous sommes complètement renversés par ce que nous voyons. Des paysages qu’on n’a réellement jamais vus auparavant et qu’on ne se serait jamais imaginé. Comme pour les geysers bouillonnants à Yellowstone, on a l’impression de se retrouver dans un décor de film de science fiction, sur une autre planète ou dans le carré de sable de géants qui se sont amusés à faire des châteaux avec du sable mouillé. Notre baluchon prêt et nos gourdes bien remplies (c’est le désert ici et ils recommandent de boire 1 gallon – 4 litres – d’eau par jour par personne), nous sommes fin prêts pour attaquer ce qu’ils disent être ‘la plus belle randonnée de 3 miles au monde’. Une descente douce nous emmène au cœur de ces châteaux de sable qu’on appelle des Hoodoos pour ensuite remonter de l’autre côté. Je dirais effectivement qu’il s’agissait de ma plus belle randonnée à vie, d’autant plus que Bébé Évelyne s’est très bien comportée dans le porte-bébé ventral malgré la chaleur et que Marianne a réussi la randonnée sans trop de difficulté.

Le lendemain, j’ai encore une fois délaissé le reste de la famille pour me faire plaisir et effectuer une randonnée plus costaude. Dès 8h du matin, j’étais assise dans l’autobus (pas obligatoire pour se déplacer dans le parc comme à Zion mais optionnelle et pratique dans ce cas où j’ai pu laisser le reste de la famille se reposer un peu au camping!). J’ai entrepris les 13 kilomètres de la Fairyland Loop Trail vers 8h 45 pour la terminer 3 heures plus tard complètement émerveillée par cette nature extravagante et aride. Marcher seule sous les chauds rayons du soleil et ne rencontrer que quelques badauds sur ce sentier tout droit sorti d’un conte de fée (comme son nom l’indique) fut une expérience exceptionnelle que je ne suis pas prête d’oublier. Je qualifierais cette randonnée comme étant ma deuxième plus belle randonnée à vie… après celle de la veille avec toute la famille!

Quelques centaines de kilomètres séparent les deux premiers parcs (Zion et Bryce) des deux suivants (Arches et Canyonland). Sur la route, la 70, nous en avons vu de toutes les couleurs, réellement!  Partis en shorts et en t-shirt de notre escale d’une nuit à Monroe où nous nous sommes laissés tremper dans les bains d’eaux minérales de Mystic Hot Springs (voir autre billet), nous avons roulé, entre autres, sur un tronçon de route de plus de 100 miles (160 kilomètres) où aucun service n’était disponible. Sur cette route, nous sommes montés à quelques 8000 pieds d’altitude où la pluie qui déferlait depuis quelques kilomètres s’est soudainement transformée en neige, balançant deux voitures devant nous dans le champ. Ensuite, la pluie s’est intensifiée et les éclairs se sont mis de la partie nous offrant un spectacle à grand déploiement, tout à fait magique jusqu’au moment où la foudre/boule de feu est tombée à quelques centaines de mètres de nous et que j’ai réalisé qu’on était en plein milieu de champs à perte de vue et qu’avec nos 11 pieds de haut dans cette belle plaine on était une cible intéressante pour un prochain survoltage!   Le retour du soleil et une descente de plusieurs miles entre des canyons d’un rouge exceptionnel nous ont fait oublier toutes les péripéties des dernières heures!

Arches National Park

Le parc national des Arches est situé tout près de Moab (Utah), une ville complètement plein air, prisée entre autres par les amateurs de rafting (sur la Green River), de vélo de montagne et de véhicules tout-terrain.

Nous avons pris une journée complète pour visiter le parc où l’on retrouve plus de 2000 arches naturelles. Le temps menaçant nous a limité un peu dans nos choix d’excursions et nous visitons les arches que l’on peut voir de la route ou à partir d’un court sentier. C’est dans le stationnement de la plus célèbre des arches, ‘Delicate Arch’ que le déluge nous surprend finalement, nous obligeant à rebrousser chemin de notre mini-randonnée afin de s’armer de nos imperméables et de laisser nos parapluies, inutiles et surtout dangereux avec tout ce vent. Nous y retournerons ensuite à tour de rôle, évitant à Bébé Évelyne la promenade sous une froide pluie!

En quittant le stationnement qui est situé au bout d’un embranchement de route de quelques kilomètres qui se termine  en cul de sac, on doit s’arrêter derrière une dizaine de voitures bloquées par une rivière improvisée et soudaine qui envahit la route! Il n’y avait aucune trace d’eau lors de notre passage à l’allée il y a 20 minutes, avant que le ciel nous tombe sur la tête.  La pluie a créé un ‘flash flood’ et l’eau est montée d’environ 2 pieds et s’étend sur une largeur d’environ 50 mètres : impossible de traverser! La pluie a cessé mais la crue s’intensifie encore. Tous les occupants des voitures observent la rivière improvisée incrédules de la situation dans laquelle nous nous retrouvons tous. Est-ce que la route a été détruite et emportée? Est-ce que nous pourrons passer avant la nuit? Avons-nous assez de provisions pour survivre? Est-ce que les secours viendront nous sauver en hélicoptères? Voilà plein de questions qui me viennent en tête moi qui est un peu paranoïaque et dont l’instinct de survie me porte à toujours chercher des solutions ou des alternatives lorsqu’un problème survient! C’est environ une heure plus tard, alors que le courant semble diminuer, qu’un des conducteurs, impatient de poursuivre sa route mais surtout du type cowboy avec un pick-up modifié et des pneus surdimensionnés tente sa chance. Il s’agit d’une opportunité parfaite pour tester son 4 X 4 et démontrer à la foule présente toute la force de ses chevaux-vapeur! Il tente le tout pour le tout et prend son air d’allée pour traverser la rivière. Évidemment, nous regardons tous avec beaucoup d’excitation et on se demande s’il réussira l’exploit. Notre épopée serait beaucoup plus extraordinaire à raconter s’il n’avait pas réussi la traversé et s’il s’était fait emporter par le courant mais bon, l’histoire se termine bien et le véhicule réussit à se rendre de l’autre côté de la route, sans trop de difficulté.  15 minutes supplémentaires d’attente avant qu’un responsable du parc vienne nous retrouver, évaluer la situation et nous inviter à traverser la rivière avant qu’une autre bordée d’eau n’empire éventuellement la situation. Après avoir laissé passer tous les autres véhicules et les autres VR, c’est à notre tour de se lancer. Le débit d’eau a considérablement diminué et le Farfadet réussi facilement sa brève épreuve de cross-country. Nous retournons finalement à notre base, un camping au centre-ville de Moab avec une expérience supplémentaire inscrite à notre cahier d’aventure!


Canyonlands National Park

Après avoir fait trois parcs nationaux en trois jours, comment est-ce que ce quatrième parc national pourrait-il nous surprendre à nouveau? Situé à environ 40 km de Moab, sur la route de retour vers l’autoroute 70 que l’on suivra jusqu’au Colorado, Canyonlands National Park est un peu moins populaire que les autres parcs du réseau situés au Utah. En fait, probablement parce qu’il est plus compliqué à visiter puisqu’il comporte quatre secteurs distincts qu’il faut aborder à partir de différentes routes mais aussi parce qu’il est, à première vue, similaire mais, semble-t-il, un peu moins spectaculaire que le Grand Canyon. Les points de vue principaux à partir de la route que nous choisissons sont Grand View et Green River View. En gros, on se retrouve aux abords d’un canyon géant dont l’escarpement parait coupé au couteau. On peine à réellement évaluer les distances mais semblerait qu’il faudrait 12 heures de route en 4 X 4 pour se rendre en bas et rejoindre la rivière. On se rend réellement compte que la nature est grande face à l’Homme et on ne peut qu’être émerveillés, encore une fois, par les phénomènes naturels qui ont façonné ce tableau extraordinaire. Au retour, pendant que Marianne réussissait ses épreuves afin d’avoir droit à son 5e écusson de Junior Ranger, j’ai enfourché mon vieux vélo afin de faire une partie de la route qui m’avait paru agréable à l’allée. Le Farfadet devait me prendre dès qu’il me rattrapait mais j’ai réussi à me rendre jusqu’à l’intersection principale avant que Claude, fort envieux de ma randonné, ait réussi à me rejoindre. En partant du Visitors’ Center, j’ai gravi des vallons ascendants pendant quelques 40 minutes pour ensuite me laisser descendre durant 50 minutes entre les rouges falaises le long de la route, atteignant à quelques reprises la vitesse limite du vieux vélo en question. Une balade en vélo que je ne suis pas près d’oublier!

Voilà notre séjour au Utah dévoilé. Lors d’un prochain voyage à Vegas (il nous arrive d’y aller pour un congrès), nous reluquerons la possibilité de retourner dans nos deux parcs préférés de l’état, Zion et Bryce Canyon National Park qui se trouvent si près.




Thermopolis et Mystic Hot Springs (un peu plus loin). Un potentiel inexploité!

FASCINANT… La ville s’appelle Thermopolis. En français, on pourrait l’appeler ‘ville de la chaleur’. Elle s’appelle ainsi puisqu’en 1918, alors qu’ils cherchaient du pétrole, deux hommes ont plutôt trouvé une source d’eau dont la température, lorsqu’elle jaillie à la surface de la terre, atteint 128 degrés Fahrenheit ! Avec une ressource et un nom pareil, cette ville à certainement tout pour elle d’autant plus que l’eau contient divers minéraux et aurait des propriétés médicinales. Des spécialistes du développement touristique et/ou de marketing touristique pourraient certainement s’en donner à cœur joie pour le développement et la mise en marché d’un lieu pareil!

Espace maintenant réglementé sévèrement par l’état, il est illégal de creuser pour trouver d’autres sources similaires. Cependant,  quelques propriétaires (très peu semble-t-il) ont certains droits acquis. C’est le cas des propriétaires du camping où nous avons dormi une nuit lors de notre passage dans le village. Sinon, la population peut profiter de cette source chaude aux bains publics appartenant à l’état et ce, gratuitement, mais 20 minutes maximum par jour, ou à l’un des deux parcs aquatiques privés situés l’un à côté de l’autre au cœur du village.

Enfin, pour nous, amants de sources chaudes, ce lieu semble être le paradis sur terre! D’autant plus qu’avec Mlle Marianne, notre baigneuse professionnelle de 6-ans-presque-7, le fait qu’il y ait aussi une dimension ludique avec un parc de glissades d’eau, nos espérances sont rien de moins que fort élevées et, vu notre arrivée en fin d’après-midi, nous planifions rester deux nuits afin de bien en profiter!

Dès notre arrivée dans le village, en plein milieu de nulle part, au centre du Wyoming, nous commençons déjà à avoir un sentiment de déception. Rien de très accueillant avec quelques maisons assez délabrées de part et d’autre de la route et un centre-ville qui ne ressemble en rien à Main Street USA à Disney! En bons touristes que nous sommes, nous nous dirigeons en direction du bureau d’accueil touristique annoncé à l’entrée du village, au moins, la signalisation est efficace! Accueillis par une préposée occupée à d’autres tâches beaucoup plus importantes que celle de donner de l’information à des voyageurs (!), cette dernière nous indique finalement oralement les directions à prendre pour se rendre au camping et ensuite vers les glissades d’eau : ‘turn right, then right again, go up the road a couple of blocks and you’ll see it on the left’! Elle semble surprise de notre passage et de notre intérêt pour la ville et ses attraits naturels! Cet arrêt augmente notre inquiétude quant à l’expérience à laquelle on rêve depuis quelques jours. C’est en entrant dans le camping que nous réalisons officiellement que notre séjour serait loin d’être à la hauteur de toutes les images que nous nous étions imaginées!

L’ensemble du camping laisse complètement à désirer et ne doit certainement pas être décoré d’étoiles Woodalls (le système non-officiel de classement des campings au USA). On verra plus tard sur la brochure du camping qui arbore encore des photos issues des années 60 que le camping à certainement connu des heures de gloire à une certaine époque mais aujourd’hui, c’est un lieu délaissé par les propriétaires et fort peu accueillants que l’on retrouve. Avec des sites collés les uns sur les autres, on se compte chanceux de s’y retrouver à une période peu fréquentée. Nous réaliserons aussi, aux petites heures du matin, que le chemin de fer passe littéralement dans la cours du camping, à quelques mètres des sites et que les trains s’annoncent haut et fort, peu importe l’heure, question de s’assurer de ne pas heurter personne. Enfin… Soyons indulgents et tentons tout de même de profiter des lieux. De toute façon, on a toujours les activités de glissade de demain pour ressortir de notre périple avec une impression positive!

À titre informatif, le véhicule récréatif dont le site est derrière les poubelles vaut autour de 200 000 $ !

Donc, le ciel est bleu, la température est idéale et nous enfilons notre maillot de bain, direction, les piscines chaudes du camping.  Ce sont trois grandes piscines qui au total font plus de 50 mètres de long qu’on retrouve derrière la barrière de sécurité. Le premier bassin, celui près de la source n’est pas ‘baignable’ puisqu’il s’agit d’une piscine de refroidissement. On peut y accéder mais l’eau y est réellement trop chaude pour s’y baigner. L’eau qui déborde de cette piscine tombe dans un bassin intermédiaire très chaud aussi (environ 107 degrés) tandis que le troisième bain est plus ‘froid’ (environ 100 degrés). C’est tout de même fascinant de se baigner dans de si grandes piscines tellement chaudes que nous oublions déjà un peu notre environnement même si l’entretien des piscines laisse aussi beaucoup à désirer. Un système de son installé dans un arbre dégage de la musique de style transcendantale-religieuse. Une habituée des lieux semblait méditer en dansant au rythme de la musique. On voulait vivre une expérience hors de l’ordinaire et bien voilà que nous étions au cœur d’un phénomène difficilement explicable et malgré le décor, nous sommes tous ressortis des piscines fort zen et prêts pour une bonne nuit de sommeil avant d’attaquer les glissades d’eau demain!

Belle vue sur le garage au bout de la piscine!

Le parc aquatique de notre choix, Star Plunge, accueille les épicuriens depuis le début du siècle précédent ! L’entrée coûte 10 $ par personne et on y retrouve trois glissades, deux piscines (une à l’intérieur et une à l’extérieur) et quelques bains tourbillons, tous alimentés par la source chaude. Le concept est fort intéressant mais deux problèmes font en sorte que l’expérience est loin d’être ce qu’on pourrait espérer d’un lieu ayant autant de potentiel. Premièrement, on se demande s’ils ont rénové depuis l’ouverture (il y a plus de 100 ans!) et deuxièmement, l’eau minérale, la même qu’au camping la veille, contient certains minéraux à forte teneur olfactive. À l’extérieur, cette odeur, similaire à celle du souffre ou, si vous voulez, à des œufs pourris, se volatilise relativement bien mais à l’intérieur c’est autre chose… De toutes façon, nous optons surtout pour les glissades, une en particulier, à l’extérieur, qui nous procure beaucoup de plaisir. C’est tout de même agréable de glisser dans l’eau chaude et de finir la course dans un bassin tout aussi chaud.  Il y a aussi une autre des glissades dans un tunnel complètement fermé du début à la fin. Pour y accéder, on doit monter des escaliers situés dans une tour dont l’humidité et la chaleur font de cet espace clos un endroit fort désagréable. Ensuite, on se lance dans ce tube qui descend durant environ une minute. Déjà on a l’impression de suffoquer lorsqu’on descend dans une glissade fermée, c’est encore pire avec la chaleur et l’odeur. Une descente et c’était suffisant pour nous! C’est quelques instants après que Claude et Marianne ont passé à un poil de marcher sur un serpent de 5 pieds de long!

Oh, rassurez-vous, nous avons eu du plaisir à jouer et à patauger dans les eaux chaudes de Thermopolis et considérons l’expérience comme étant inoubliable. Mais avec nos yeux d’experts en tourisme, Claude et moi avons été fascinés de la sous-exploitation d’un lieu dont le potentiel est si élevé. Non seulement les touristes (pourquoi pas des séjours thérapeutiques?) pourraient y affluer mais la ville devrait certainement utiliser davantage l’eau bouillonnante et transformer la chaleur inépuisable en énergie renouvelable… Somme toute, à moins de changements majeurs, si vous passez dans le coin, ne faites pas le détour par Thermopolis!

Nous profitons de ce billet-déception-sources-thermales pour vous parler d’une autre source thermale naturelle sous exploitée. Encore nos attentes étaient élevées, comment peuvent-elles ne pas l’être en imaginant de l’eau bouillonnante qui sort naturellement du sol et dans laquelle on peut se laisser tremper? Encore une fois, nous avons été abasourdis de notre découverte. Mystic Hot Springs situé à Monroe, sur la route entre Zion/Bryce National Parks et Arches/Canyonlands National Park a aussi probablement connu ses heures de gloires… en 1960!  Déjà au village, la caissière de la station d’essence où nous avons fait le plein nous avait prévenu : ‘It’s not what it used to be!’.

Arrivés à destination, on se rend compte que le camping semble s’être arrêté dans le temps. Entre autres, une dizaine d’autobus/campers y sont placés, en rang d’oignons, et semblent y être stationnés depuis Woodstock! Le Farfadet avec ses 20 ans parait comme une nouveauté à côté des tas de ferrailles qui traînent. Certaines sont même habitées en permanence… mais difficile de savoir lesquelles! En fait, on se pense dans un camping fantôme, certains véhicules apparaissent et disparaissent selon nos allées et venues et on n’a croisé personne!  Pour se rendre aux bains, on doit escalader un sentier de terre, on réussi à peine à atteindre le sommet! En haut, on y retrouve cinq bains sur pattes, enracinés dans le sol où y circule continuellement l’eau provenant de la source chaude. On peut facilement imaginer que des fêtes mystiques et colorées ont pu avoir eu lieu ici!

Enfin, nous avons apprécié passer du temps ensemble à relaxer dans les bains chauds mais, encore une fois, nous étions complètement incrédules face au potentiel inexploité des lieux d’autant plus qu’ici, l’eau sort du sol à 168 degrés. Voici une série de photos pour témoigner de notre séjour au Mystic Hot Spring!












Le Wild West, c’est dans la ville de Cody, Wyoming!

Première ‘ville-village’ lorsqu’on sort du Yellowstone National Parc par l’est, Cody (Wyoming) s’autoproclame la capitale mondiale du rodéo et, si vous voulez mon avis, ce titre est pleinement  mérité!

Capitale du rodéo, premièrement parce que la ville a été fondée en 1896 par William ‘Buffalo Bill’ Cody, probablement le plus connu des cowboys, entre autre parce qu’il fut le promoteur du wild west à travers un spectacle ambulant présenté jusqu’en Europe. D’ailleurs, la reine Victoria a tellement apprécié le spectacle qu’elle a offert  un comtoir-bar pour l’hôtel de Buffalo Bill et il est toujours possible de le voir (et de le toucher) lorsqu’on visite l’hôtel.  Deuxièmement, à tous les jours de l’été, une épique fusillade entre cowboys se déroule en plein ‘centre-ville’ devant l’hôtel Irma, celui-là même qui appartenu jadis à Buffalo Bill et troisièmement, encore à tous les jours, on peut assister au rodéo, une compétition/spectacle dans l’arène situé dans un décor magnifique, au pied des montagnes. Pour en savoir plus sur la ville, lisez le billet de notre ami, le journaliste Michel Julien, publié dans son blogue Coup de cœur sur le monde.

On savait notre journée bien remplie compte tenu de nos deux spectacles en soirée (la fusillade au centre-ville suivi du rodéo). Notre plan était de visiter le musée du centre d’histoire de Buffalo Bill pour débuter et ensuite, magasiner un peu dans les boutiques de la rue principale, et qui sait, peut-être se laisser tenter par une belle paire de botte de cowboy?  Arrivés vers 11 h au musée, nous pensions faire le tour rapidement ce qui nous laisserait amplement de temps pour les emplettes. On s’attendait à très peu d’un musée d’une si petite ville! À l’entrée, la préposée à l’accueil nous affirme qu’il faut passer au moins 30 minutes dans chacune des cinq sections du musée et c’est un peu (pas mal!) sceptique que nous pénétrons dans le musée. Finalement, c’est pas moins de 5 heures plus tard et en pressant le pas que nous avons quitté cet extraordinaire musée. Mlle Marianne a adoré et nous a même exigé de ralentir dans la dernière section tellement elle s’amusait. Il y en avait pour chacun et c’est réellement émerveillés par la mise en valeur des exhibits que nous avons du partir. Le temps pressait puisqu’on ne voulait pas manquer la fusillade au centre-ville à 18 h.  Après avoir acheté un fusil et un chapeau à notre cowgirl préférée (elle avait déjà eu droit à des bottes de cowboy roses), nous nous sommes dirigés vers le centre-ville pour voir le mini-spectacle de cowboys. Malheureusement, j’ai du quitter avec Bébé Évelyne puisque les coups de feu étaient trop fort pour ses petites oreilles… J’en ai profité pour faire les magasins!


Une fois la fusillade et la séance de signature des artistes terminés, on a traversé la ville sur des chapeaux de roues (imaginez avec le Farfadet!) pour se rendre au Rodéo qui se situe environ 5 kilomètres plus loin, au pied des montagnes. Depuis hier, les habitants du village à qui nous avons la chance de parler nous disent tous que le meilleur emplacement pour voir le rodéo est à partir des estrades qui se situent au dessus des stalls pour les animaux et où les athlètes se préparent. Nous en étions tous à notre première expérience de rodéo (même Bébé Évelyne!) et nous avons été emballés par le spectacle. M-A-L-A-D-E comme diraient les jeunes! Étant si près des bêtes, nous constatons leur férocité surtout lorsqu’elles se débattent pour sortir de leur enclos. C’est pas Disney ici et on peine à croire qu’une personne saine d’esprit veuille réellement les prendre en monture! Tout de même, pendant que le clown amuse les spectateurs à partir du centre du terrain, on voit bien de notre siège la méticuleuse préparation des téméraires jeunes hommes qui tenteront de rester en selle le plus longtemps possible avant de se faire littéralement projeter dans les airs comme des pantins. Et dire qu’ils recommencent ce manège à chaque soir! Tout ça en but de récolter la bourse attribuée au cowboy le plus tenace.

Nous avons passé une soirée des plus agréables d’autant plus que notre miss cowgirl a participé à une course dans l’arène comme quelques dizaines d’autres enfants âgés de moins de 12 ans. Afin de remporter un bon échangeable chez certains commerçants du coin, les enfants devaient attraper un ruban attaché à la queue de trois mignons veaux qui couraient sur le terrain. C’était très drôle de voir les enfants, incluant Mlle Marianne avec, évidemment, tout son attirail de cowgirl (rose!) courir dans toutes les directions en prenant soin de ne pas échapper son pistolet!

Bref, on a quitté Cody fort impressionnés par l’organisation touristique de la ville. Une petite ville touristique mais authentique et sympathique et justement, j’aime bien ce qu’on retrouve sur le site internet de la chambre de commerce du village : Cody is a small western town with a big city attitude.








Yellowstone : pas mal plus que des pierres jaunes!

** Avertissement : risque d’indigestion de photos en lisant ce billet**

Ça ne faisait pas cinq minutes que nous étions entrés dans le parc que nous apercevions déjà un troupeau de bisons. Nous étions déjà tout excités d’être aussi chanceux. Nous étions loin de nous douter que nous venions d’entrer dans le royaume des bisons et que partout dans le parc ils sont rois et maîtres ici. Et ils ne se gênent pas pour le manifester. Nous avons vite réalisé plus tard qu’il n’y a rien de plus banal qu’un troupeau de bisons au loin alors que nous pouvons les voir dans tout de sorte d’autres circonstances encore plus spectaculaires.

Créé en 1872, Yellowstone serait la plus ancienne zone officiellement protégée sur la planète. Et ce n’est pas pour rien car on a rapidement réalisé le caractère exceptionnel de ce territoire et l’importance de le protéger. Depuis sa création, il s’agit d’un lieu hautement prisé des touristes qui s’y rendent chaque année en grand nombre, malgré son éloignement des centres urbains. Situé au Wyoming, cet État ne compte même pas 500 000 habitants!

Pénétrer dans Yellowstone, c’est comme explorer la Terre à cœur ouvert! En effet, le parc repose sur le plus vaste volcan actif du monde ce qui créé une quantité incroyable de phénomènes naturels hors de l’ordinaire. De plus, comme l’endroit est protégé depuis longtemps, on y retrouve une faune riche et abondante. Il y fait en moyenne assez froid, avec des altitudes variant entre 6800 et 8500 pieds.

Avant de pénétrer dans le parc, nous nous sommes arrêtés faire quelques provisions dans le village tout juste à l’extérieur, West Yellowstone. Nous y avons visité un centre d’interprétation des loups et des Grizzlys pour mieux comprendre leur mode de vie et surtout pour avoir la chance de les observer de près avant de les visiter dans leur habitat naturel. J’en ai aussi profité pour acquérir mon permis de pêche espérant avoir l’occasion de taquiner la truite durant notre séjour dans le parc. La saison débute dans trois jours mais je devrai observer quelques contraintes, notamment l’obligation de pêcher à la mouche ainsi que de relâcher mes prises.

Considérant le moment de l’année (fin mai), il fallait être alerte aux conditions météorologiques car le temps change très vite ici. Madison, à 6800 pieds, sera le camping qui nous servira de base d’expédition pour parcourir les routes qui empruntent le tracé de la forme d’un grand « 8 ». Dès notre première journée, nous avons été impressionnés de nos découvertes. Plusieurs sentiers bien aménagés mènent à d’innombrables sources thermales et geysers. Ils sont tellement nombreux, qu’on nous a expliqué que plus de la moitié des geysers du globe se retrouvaient à Yellowstone. Le feeling de marcher au travers de toute cette eau bouillonnante qui sort du sol de partout, de cette fumée qui apporte ce côté mystique est hors de l’ordinaire. À de nombreuses occasions, on se regardait en se disant que nous étions sur une autre planète!

Les activités de chaleurs et les éruptions volcaniques prennent toutes sortes de formes. On y observe des écrans de fumée, des ruisseaux d’eaux thermales, des bains de boues aux allures de soupe qui mijote, des geysers soufflant de la vapeur d’eau, des petits lacs (ou piscines naturelles) d’eau parfaitement limpide mais avec des cernes de couleurs. Ces dernières proviennent des différents micro-organismes qui teintent la couleur de l’eau. Plus l’eau est chaude, au centre, plus la coloration est d’un bleu pur, en s’éloignant vers les côtés, l’eau apparaît verdâtre, orangée et brunâtre en refroidissant quelque peu. L’effet est spectaculaire. À certaines occasions, nous avions plus de difficulté à distinguer nettement les couleurs car le temps froid auquel nous avions droit créait énormément de fumée couvrant la surface de l’eau. Nous avons ainsi parcouru de nombreux sentiers découvrant un à un ces étranges phénomènes. L’un des plus réputés et spectaculaires se nomme « Old Faithful ». Il s’agit d’un geyser particulièrement puissant et surtout très prévisible. La plupart font éruption de manière aléatoire mais pas celui-là. À chaque 90 minutes, il se donne en spectacle et projette son jet d’eau à 120 pieds dans les airs. Malheureusement, le temps maussade ne nous permettait pas de bien voir le contraste de l’eau en hauteur avec le ciel lui aussi tout blanc.

Nous avions d’assez grandes distances à parcourir entre nos différents points d’observation mais chaque déplacement constituait une aventure en soi. Tout d’abord les paysages étaient toujours sublimes. Ensuite, la faune s’assurait toujours qu’on n’oublie pas qu’on était chez elle. L’une de nos premières excursions en camper fût interrompue pour une raison assez particulière. Un troupeau de bisons a simplement décidé que la meilleure voie pour se déplacer était la route, peu importe la présence des voitures. Nous nous demandions bien au début pourquoi il y avait cette file d’autos immobilisées. Lorsque les animaux empruntent ainsi la route, les rangers du parc s’assurent de les escorter comme lors d’une manifestation. Ils sont passés paresseusement tout juste à côté de nous, incluant les bébés. Marianne, avec les fenêtres dans sa chambre du haut, était aux premières loges pour assister à ce spectaculaire défilé.

Parmi les autres observations, nous avons eu l’occasion d’apercevoir les fameux grizzlys à deux reprises, les deux fois à une bonne distance heureusement. La première fois, deux oursons accompagnaient leur mère. On a aussi vu des coyotes, des wapitis, des chevreuils et même, tout juste avant de quitter le parc, pour nous dire au revoir, un bel orignal juste devant nous au milieu d’une petite rivière.

L’autre facteur qui donnait du piquant à nos déplacements était les aléas de la météo. Durant nos cinq jours passés dans le parc, nous étions toujours sur la limite du point de congélation. Selon l’heure de la journée mais surtout selon l’altitude, nous avions droit à de la pluie ou à d’importantes chutes de neige. À deux occasions, nous avons du rebrousser chemin en raison de fermetures de routes causées par la neige. Mais ce qui rendait parfois la situation quasi irréelle, c’était de marcher sur des sentiers enneigés au travers des geysers et piscines bouillantes où la neige et la fumée s’entremêlaient dans une blancheur totale. Hallucinant!


Mais mon moment le plus intense avec la nature fut probablement la journée où je suis parti à la pêche en dehors des sentiers battus. Imaginez si l’on peut voir toute cette faune de la route ce que c’est en pleine nature. Tôt le matin, je suis parti à la pêche en longeant la rivière près du camping. Juste de voir en marchant toutes ces pistes tel un champ de bataille on comprend vite qu’on n’est pas tout seul… Ma première excursion de pêche ne fut pas très fructueuse côté prises mais oh combien bénéfique côté observation de la nature. En plus de chevreuils et wapitis, j’ai dérangé un coyote qui semblait occupé à faire un mauvais coup et je me suis retrouvé dans une fâcheuse position avec un troupeau de bisons. Je me croyais en sécurité en pêchant sur la rive opposée de la horde quand à mon plus grand étonnement, le leader du groupe a décidé de franchir la rivière exactement vis-à-vis moi. Méchant feeling de voir ces gigantesques bêtes se diriger droit sur soi alors qu’on a aucune protection. J’ai rapidement pris mes « clés et mes claques » et je me suis enlevé de la ligne de marche des bisons pour les admirer d’un point de vue plus sécuritaire. Ah oui, j’oubliais, c’est aussi de l’autre côté de cette même rivière que j’ai aperçu un grizzly au loin.

Après toutes ces émotions, je n’en demeurais pas moins déterminé à trouver un endroit plus propice pour capturer des truites. Nous nous sommes déplacés plus loin avec le camper pour repérer un meilleur coin de pêche. En prenant la route qui longe une rivière nommée « Firehole », nous avons constaté que de nombreux pêcheurs s’y trouvaient… sûrement pour une raison. En effet, et le nom de la rivière le dit, de nombreuses sources thermales alimentent ça et là la rivière, augmentant quelque peu sa température. Bien que la truite affectionne l’eau froide, il semble qu’elle apprécie ces quelques degrés de plus que la rivière a par rapport aux autres lieux. À mon grand plaisir, j’ai pu y prendre quelques truites arc-en-ciel et une sorte indigène nommée « cutthroat ». J’ai aussi été témoin de l’une des scènes fauniques les plus spectaculaires qu’il m’ait été donné de voir. Marianne était à côté de moi et a aussi tout vu. J’avais remarqué sur le haut d’un arbre de l’autre côté de la rivière un gros oiseau de proie qui surveillait la rivière. J’ai su plus tard qu’il s’agissait d’un « osprey ». Pas sûr du nom en français mais une sorte d’aigle sûrement. À un moment, l’oiseau a brusquement effectué un plongeon droit devant nous et a saisi une truite avec ses serres sous nos yeux incrédules pour s’envoler toute en puissance avec la truite qui se débattait en vain. Wow! Juste dommage de n’avoir pas pu prendre une photo de la scène.

Le lendemain, Marianne a même eu le privilège de capturer seule sa première truite à la mouche. Quelle excitation pour elle! Elle m’implorait de reprendre la canne tellement elle était intimidée par ce poisson qui tirait soudainement sur sa ligne. Elle l’a néanmoins conservé et ramené sa truite toute seule, avec beaucoup de fierté.

Lors de notre départ du parc, nous sommes passés par beau temps à côté du majestueux lac Yellowstone. En raison de son altitude, il était encore tout gelé. Il s’agit d’ailleurs du plus grand lac situé en haute altitude, à plus de 8000 pieds. Il fait plus de 450 pieds de profondeur et plusieurs kilomètres de diamètre.

Jusqu’à maintenant, Yellowstone constitue le highlight de notre voyage. Et je n’ai même pas parlé des spectaculaires chutes dans un canyon aux parois rocheuses jaunâtres (d’où le nom du parc). Marianne, qui a d’ailleurs complété avec plaisir et succès son programme de Junior Ranger, en garde un souvenir mémorable. Nous avons même eu une envie passagère de faire demi-tour à la sortie du parc. Nous nous sommes promis d’y revenir un jour.